J’étais encore conscient, je ne bougeais plus, j’avais faim. Ne me dites pas que ça n’avait pas marchĂ© ? Ma vision Ă©tait trouble. Je tentais de me lever, quand je remarquai que mes jambes ne rĂ©pondaient quasiment plus, et semblaient cĂ©der sous mon poids. Je m’écroulai. Ma tĂŞte me faisait mal, mon coeur battait trop vite. La peur envahissait mon esprit et je tendis mes mains face Ă mon visage. FrĂŞles, pâles, anhydres, je ne sentais plus les extrĂ©mitĂ©s de ces pattes aux couleurs et senteurs cadavĂ©reuses. Je pouvais encore penser. VoilĂ qui me rassura, les zombies, eux, ne pensent pas. Je vis un bout de miroir briser enfoncĂ© dans le sol. Exactement ce dont j’avais besoin. Je saisis l’objet. La main tremblante, j’examinai mon visage. Tout aussi vitreux que mes pinces, ridĂ© comme jamais, mal rasĂ©, je n’avais pas fière allure. Auparavant je n’aimais pas mon visage. On me disait toujours qu’il Ă©tait trop long, trop fin, trop sommaire et j’en passe. Après plusieurs annĂ©es de ce bizutage, je me vis forcĂ© d’accepter les critiques, mais Ă©taient-elles constructives, ces Ă©valuations grotesques ? Allais-je changer de visage sur demande ? Ă€ quoi bon, j’avais alors appris Ă assumer mes traits. Un visage, c’est comme un âge, on peut mentir Ă son sujet, mais il nous rattrape toujours, alors autant en faire un ami. Ma tĂŞte n’avais pas Ă©tĂ© trop endommagĂ©e par les effets du produit, selon le miroir. Je n’avais pas mutĂ©. Je poussai un hurlement de soulagement. Je n’étais pas seulement vivant, j’étais aussi humain ! Je sortis de la hutte, les lèvres pincĂ©es en sourire. Mais quand je vis l’attroupement devant la tente de Sengriff, mes lèvres se dĂ©tendirent Ă nouveau. Je courrai, Ă©cartai la populace devant ma route, tapai violemment Ă sa porte en criant : -Ouvres ! C’est moi ! Sengriff, ouvres ! La porte bougea lĂ©gèrement et s’ouvrit de juste assez d’espace pour laisser passer ma corpulence. J’entrai sous les roulements de tonnerre de la foule. Ils criaient comme Ă l'exĂ©cution mais Ă©taient encore plus. je ne comprenais plus rien. Je vis un profil qui m’était inconnu au fond de la pièce, je demandai : -C’est qui ce gars ? Un nouveau ? Et qu’est-ce qui c’est passĂ© ? Comment vous avez pu provoquĂ© un tel bordel ?! -Le gars, c’est Laurent, le MĂ©cano du village, il dit qu’il aimait pas Ron du tout et qu’il dĂ©sire nous accompagner. Nous devons partir, maintenant. Me rĂ©pondit Darckness -Furen leur a tout dit pour Ron, hier soir... Ce crĂ©tin s’ennuyait... alors il leur a tout dit. Continua Gandalf -OĂą est Stingers ?... Chef me regarda avec des yeux de chiens battus. D’une certaine façon, je me disais bien que Stingers avait quelque chose en rapport avec Chef car ils ont tellement de choses en commun, ces deux-lĂ . -Stingers... est mon fils. Au dĂ©but de l’attaque, le gouvernement avait forcĂ© tout les scientifiques Ă partir dans la zone Botan, sans discuter. Nous avons Ă©tĂ© sĂ©parĂ© alors que Stingers n’avait que 10 ans, et la seule chose que j’ai pu lui laisser fut mon vieux colt. Ce revolver est un hĂ©ritage de famille et nous le passons de père en fils depuis bientĂ´t cinq gĂ©nĂ©rations. Nous avons Ă©tĂ© sĂ©parĂ© trop longtemps. Laissez nous pouvoir nous connaĂ®tre... s’il vous plaĂ®t... Nous murmura Chef Un silence rĂ©gnait, pas dessus les cris des citoyens dehors. -Stingers nous a trahit, mais je propose un vote. Il est actuellement enfermĂ© dans les toilettes avec une bonne dose de calmant dans les veines. Ceux qui veulent sa vie, levez la main, et si vous voulez sa mort, baissez la. Dit Takkeo avec un regard froid. Gerik ne bougea pas. Son oreille avait bien souffert. Il l’avait couverte de bandage pour stopper l'hĂ©morragie. Sorgs fit de mĂŞme que Gerik. Darckness ne cilla pas. et Takkeo qui avait quelques penchants cannibale ne fit pas l’effort de lever sa main. Chef leva la main, ce qui Ă©tait logique, Sengriff fit de mĂŞme, Gandalf aussi, trois contre quatre. Laurent vint nous rejoindre. Il joint sa poigne au notre. Nous Ă©tions donc Ă Ă©galitĂ©. Darckness protesta -Ce gars vient d’arriver, il a pas le droit de voter ! -Toute personne qui se trouve dans cette pièce a le droit de voter... RĂ©pondit Gandalf. Quelque chose s’agita dans le fond de la salle. Un tonneau remuait... Il chuta sur le cotĂ©, et nous vĂ®mes une ombre en sortir. C’était Furen !

-Hmmm... Salut les gars ! Alors, vous avez bien dormit ? *Baille* Moi j’ai fait de super rĂŞve... Gerik courra vers Furen, lui saisit le coup et commença Ă l'Ă©trangler. J’eut une idĂ©e... -Furen ! Tu veux que Stingers vive ? Lui demandai-je Bien qu’en manque d’oxygène, il arrivait quand mĂŞme Ă parler -Rhaaaa... Ok... Rhaaaa... Je dis alors Ă voix haute -Bien, Stingers restera donc en vie ! Furen est dans la salle, il a donc droit au vote ! Gerik lâcha sa proie, se releva en laissant Ă terre Furen, et me cria -Tu n’as pas le droit ?! Ce gars nous presque tuĂ© ?! Il va falloir choisir, c’est soi lui, soi moi... Un arrĂŞt se fit dans le brouhaha permanent. Après deux minutes, Gerik partit vers la porte de derrière, il avait compris... Nous fĂ®mes nos paquetages, et quittâmes la demeure par le mĂŞme chemin que Gerik. Nous passâmes vers les toilettes, et nous sortĂ®mes Stingers de sa prison puante. Il Ă©tait encore en l’état de marcher. Puis nous partĂ®mes. Sans un au revoir, sans une bise passagère, sans un regard triste et troublĂ©. Nous appartenions dĂ©sormais au passĂ©, par ici, et vu les directions que nous prenions, nous allions sĂ»rement appartenir au passĂ© Ă bien des endroits... VoilĂ quel est le but de la vie. Voire le monde. L’accepter. Vivre mĂŞme si les autres nous abandonnes. Chacun, nous portons notre croix et notre couronne de ronce, chacun, nous nous faisons torturer et nous torturons, chacun, nous dĂ©couvrons des personnes et aussitĂ´t nous les quittons avec amertumes. Le but de la vie, c’est d’avoir la force de pardonner... Fin de la partie 1 |