Chapitre 2: ApprĂ©hension L’unique avantage avec le laboratoire, c’était que les crĂ©atures de l'extĂ©rieur n’avaient mĂŞme pas pris connaissance de son existence. Se planquer sous terre aura Ă©tĂ© la raison de notre survie, mais peut-ĂŞtre avons nous simplement creusĂ© nos propres tombes... Le seul accès Ă la zone Botan Ă©tait une bouche d’égout installĂ©e sous les ruines d’un bâtiment de succès construit dans le passĂ©. La bouche ouverte, il suffisait de descendre les cent-vingt-cinq barreaux de l’échelle dans la nuit noire, emprunter le couloir de gauche, puis, se dĂ©couvrait sur le fond de ce passage, une porte d’acier trempĂ©. Trente centimètre de mĂ©tal et la seul façon de l'ouvrir Ă©tait un code chiffrĂ© et littĂ©ral. L’armĂ©e avait fabriquĂ© elle-mĂŞme ce centre, et dès qu’elle l’eut finit, elle repartit, en nous laissant comme seul consigne de trouver un moyen d’éradiquer le virus mortel qui semait la terreur et le chaos. Après quinze ans sans rĂ©sultats, les militaires ont abandonnĂ© les dĂ©fenses de la zone, en nous expliquant que nous nous en sortirons très bien seul, et que le virus avait Ă©tĂ© classĂ© par l’Etat comme imbattable. Evidement, la vie au labo n’était pas splendide, mais au moins, la vie y ondulait... Bien que je n’en sois plus trop sĂ»r... Certains soirs, les cris humains se mĂŞlaient aux aboiements des morts, et entamait un ballet sanglant, juste au dessus de nos tĂŞtes, et nous, nous nous rĂ©agissions mĂŞme pas... Je me rĂ©veillais lentement, au son de mon rĂ©veil. J’aurais voulut rester au lit plus longtemps, après la virĂ©e de la veille, mais le boulot n'attend pas. je ferai mon annonce durant la pause de midi. L’heure tournait trop lentement dans ce laboratoire et mes apprĂ©hensions prenaient lentement le dessus sur mes espoirs. Je sortais de ma chambre, mais mon coeur fit un bond contre mes cĂ´tes quand je croisai le professeur Ben. Il me regarda d’un oeil noir. Savait-il quelque chose ? Je suppliais dans mes pensĂ©es que non. Je tournai le regard, la simple vue de ce traĂ®tre me mettait le glaire Ă la bouche. Nous aurions tous pu sortir avec, en plus, l’assentiment de l’armĂ©e, mais il prĂ©fĂ©rait ne rien dire, et nous garder lĂ . J’étais plongĂ© dans ma haine, quand il me demanda sur un ton violent : -Y a-t-il un problème, monsieur ?... Il ne pouvais pas savoir, il dormait, je l’avais vu. Ma tĂŞte commençait Ă me faire terriblement mal, je rĂ©pondis rapidement. -Non professeur, il n’y a rien, puis-je vous aider -Aucunement jeune homme, aucunement... dit-il en se retournant Un sourire se dessina sur mes lèvres. Il dormait bel et bien, hier soir. Soudain, il exĂ©cuta un demi-tour sur lui-mĂŞme, et sans me laisser le temps de rĂ©agir, m’attrapa par le col. -Vous aimez les balades nocturnes il me semble ?! Je vous ai entendu rĂ´der toute la nuit dans ma chambre... Vous faisiez plus de bruit qu’un Ă©lĂ©phant dans un musĂ©e, et vous croyez que je ne vous avais mĂŞme pas remarquĂ© ?! Je ne sais pas ce que vous cherchiez, ni ce que vous avez trouvĂ©... mais faites attention Ă vous... je vous ai Ă l’oeil, et si jamais vous divulguez la moindre parcelle de ma vie privĂ©e, je vous assure, ce sera vous, la prochaine expĂ©rience ! Il me projeta alors contre le mur, avec une force qui m’était inconnue, provenant de lui. Mon crâne heurta la paroi avec douleur, mais c’est l’estime de soi qui s’était prise le plus gros coup. Le plan de la cafèt’ n’était plus une si bonne idĂ©e. Le professeur pouvait facilement me faire passer pour un infectĂ© et me laisser finir en expĂ©rience. Une petite pilule glissĂ©e dans mon verre suffirait Ă faire de moi un infectĂ©, et ça ne m’enchantait guère. Je tournai la tĂŞte, pour le voir s’en aller, me relevai, et repris ma route. J’avais envie de me changer les idĂ©es, oh oui, j’en avais bien besoin. La bibliothèque, source de connaissance, de tĂ©moignages, de cultures et de testes, l’un de mes endroits prĂ©fĂ©rĂ©s, C’est ici que nous, les scientifiques, nous reposons, après de longues journĂ©es de travaux, dans cette modeste salle de cent mètres carrĂ©s. Je m’asseyais sur le canapĂ© trouĂ© au centre, un vieux recueil de manifestation, racontant la lĂ©gende d’homme encore vivant sur terre. Je laissais glisser les pages sous mon doigts, puis m'arrĂŞtai au beaux-milieu du livre. Une petite histoire ne pouvait que me dĂ©tendre ! Jack Un sourire dĂ©chirait son visage, et ses yeux vitreux semblaient vouloir voler les images qu’il voyait, voilĂ Ă quoi ressemblait mon pote Jack. Cette nuit-lĂ , on Ă©tait tous les deux assis autour du poste de radio et du feu, Ă Ă©couter une vieille cassette d’un chanteur qui avait perdu sa voix Ă force de crier sur les zombies qui l’avaient pourchassĂ©. On ne se parlait pas, et une atmosphère tendue planait sur la ville. Jack me fixait de son regard froid, et ses bordures de lèvres infâmes se tendaient dès que, pris de curiositĂ©, je tournais la tĂŞte. Il me scrutait, sans raison apparente. Son expression vide m'effrayait, m’attentait. Je lui chuchotai, peu sĂ»r de moi : -t’as un problème ? Il rĂ©torqua : -Ouais, je sens que nous deux, on va pas passer la nuit... -De toute façon, on est destinĂ©s Ă mourir, donc ne t’inquiète pas trop, si ça n’arrive pas aujourd’hui, ça arrivera demain, et si ça n’arrive pas demain, ça arrivera...heu...ça arrivera. -Mais nous, ce sera cette nuit. -Comment tu peux en ĂŞtre aussi certain ? -Je le sais, j’en ai rĂŞvĂ© hier soir... -Toi, t’as pas assez dormi surtout. Allez, lui dis-je, prend la bouteille de Vodka qu’il y a dans le coffre, on va se dĂ©tendre un peu. Il alla prendre le fameux alcool, revint une minute plus tard, armĂ© de la boisson, et de deux verres fendus sur les bords. Il m’en tendit un, sans un mot, et se rassit, dans le mĂŞme silence. Après 2 ou 3 heures de papotage, nous avions fini la bouteille, et abordions des sujets de plus en plus Ă©tranges... -Mhaaaaaa si, j’te le jure sur ma mĂ´man, on va mourir c’te nuit ! -N’importe quoi !... t’as trop... hips!... bu ce soir toi. On va passer une bonne p’tite soirĂ©e devant la porte oĂą que les zomzom y passeront pas. -HĂ©... j’ai une idĂ©e... attends regarde.
Il m’emmena en haut de la tour de guet, mais arrivĂ© en haut, nous ne rigolions plus... Plusieurs centaines de morts-vivants s'agglutinaient aux portes, et nous Ă©tions plantĂ©s lĂ , sans dire un mot, sans faire un seul geste, sans mĂŞme respirer, bloquĂ©s par la peur, et le froid dĂ©ment qui nous gelait le coeur. Jack ne cria pas, mais son rictus se tordit en une forme indescriptible, une forme qui reprĂ©sentait la peur Ă l’état le plus pur. Et il en pleurait. -Tu vois, je te l’avais dis, je te l’avais dis !... On va crever, on va tous crever, bouffĂ©s par nos anciens camarades. -Merde... -Je vais vous sauver ! Faut pas que vous mourriez comme ça, laisse moi faire ! FigĂ© par la peur, je ne pouvais plus bouger, mais j’entendais le bruit des pas de jack. Il descendait l’échelle du mirador, et il partit vers le coffre. Je tournai la tĂŞte, et compris ; Il avait dans l’une de ses mains, un bidon, et dans l’autre, un paquet d’allumettes... Il me cria : -Ne t’inquiète pas ! Les zombies vont rien nous faire ! Et il commença Ă asperger le poste d’oĂą je le regardais. je n’arrivais pas Ă y croire, de ce fait, je ne pouvais rien faire, j’étais simplement le tĂ©moin de la folie d’un homme, le tĂ©moin de la tristesse d’un futur-cadavre, le simple condamnĂ© Ă mort qui fixe son bourreau, sans rĂ©agir, en ne faisant qu’attendre. Il monta me rejoindre en haut, et me dit -Toute la ville est prĂŞte. Et que le feu sauve nos âmes ! Et je regardais, impuissant, les flammes dĂ©vorer la feuille d’arbre qu’était nos vies, sans mĂŞme crier, la braise rouge chatouillant mes pieds et ceux de Jack, qui pris par l’alcool, avait rĂ©alisĂ© son ultime fantasme, ĂŞtre pire qu’un zombie... Je fermai les deux parties du roman l’une sur l’autre, les yeux rivĂ©s sur le plafond, et la tĂŞte encore autre part. -La folie, voilĂ la seule chose dont j’ai peur, me dis-je Ă moi-mĂŞme... Sengriff vint s’asseoir Ă cĂ´tĂ© de moi -Ça n’a pas l’air d’aller Sengriff Ă©tait un bon gars du pays. Il aimait courir dans les rues quand il Ă©tait gosse, et pam ! Un jour il avait vu ses parents se faire bouffer sous ses yeux. Ça l’a traumatisĂ©. Il ne fut plus jamais le mĂŞme. Il parlait peu, mais bien, c’est pour ça que je l'apprĂ©ciais. Je lui rĂ©pondis lentement : -J’ai vu quelque chose que je n’aurais pas du voir... Puis je lui racontai ma sombre histoire. Au dĂ©but, il ne me crut pas, puis il lut dans mes yeux le vĂ©ridique des faits. Et lui aussi, pâlit... Un homme se retourna. Grand, barbu, et avec les pupilles qui viraient au gris. Il semblait fort, mais surtout, on lisait dans ces rides, le vĂ©cu passĂ©. Il devait avoir vu des choses que nul ne pense pouvoir voir, son visage aurait pu ĂŞtre un livre d’histoire. Il se retourna, marmonna dans sa barbe, grogna, puis nous chuchota : -J’ai entendu ton histoire, p’tit gars, et je sais comment rĂ©soudre le problème, plus de monstre, plus de problème... laisse moi t’expliquer... J’écoutais son plan, cohĂ©rent, je l’avoue, mais digne d’un des plus grand psychopathes. La lueur dans son regard me donnait un froid dans le dos, je frissonnais, quel personnage... Ă©trange... Je ne sais pas si ce fut la peur que j’éprouvais pour le monstre, ou celle pour l’homme, mais dans tous les cas, je dĂ©cidai d’accepter son projet. Ça valait toujours mieux que rien... Si seulement j’avais su oĂą ça allait me mener... jamais je n’aurais acceptĂ© |